Diriger la stratégie et la production d'une agence digitale multi-comptes
Une quinzaine de comptes, des secteurs sans rien en commun, et une équipe qui devait pourtant sortir le même standard sur chacun.

Repères
La stack
- Direction de création
- Cadrage stratégique
- Meta Ads
- Google Ads
- Google Analytics
- WordPress / Webflow
01
Le contexte
TX Consulting, devenue TX Studio, est une agence digitale qui vend du 360° : stratégie, sites et applications, communication digitale au fil de l'eau, identité visuelle. J'y entre en pleine période Covid comme l'un des stratèges de la maison — un portefeuille à moi, des équipes de production partagées avec les autres. Le poste change de nature très vite : la stratégie de l'agence entière passe sous une seule responsabilité, portefeuille et équipes compris. Sur deux ans et demi : une quarantaine de clients, de Veepee, BoursoBank et Orpi à des structures bien plus petites dont l'agence était toute l'équipe marketing, sur des projets menés entre la France, l'Irlande et l'Afrique.
02
La contrainte
En agence, une stratégie ne vaut que si elle survit à la production. Chaque compte arrivait avec son secteur, son historique et son interlocuteur, et l'équipe devait passer de l'un à l'autre dans la même semaine sans perdre le fil ni baisser le niveau. Deuxième contrainte, moins visible : pendant ces deux ans et demi, l'agence elle-même bougeait — sa structure, ses process, son équipe, son offre — sans qu'aucun compte en cours puisse s'arrêter d'être servi le temps qu'on la remette d'aplomb.
03
Les mouvements
- 01Reprendre un portefeuille qui était répartiPlusieurs stratèges, chacun sur ses comptes, tous puisant dans les mêmes équipes de production : c'est l'état de départ. Quand tout passe sous une seule responsabilité, il faut hériter des comptes des autres — leur historique, leur interlocuteur, ce qui avait été promis et ce qui ne l'avait pas été. C'est la partie du poste qui ne se planifie pas, et la seule règle tenable est que le client n'ait pas à s'en apercevoir.
- 02Une seule chaîne, de l'étude de marque à la feuille de routeChaque compte suit le même parcours, quel que soit son secteur : étude de la marque, positionnement, puis une feuille de route à douze mois qui dit ce qu'on fait, dans quel ordre, et sur quels indicateurs on se juge. Tout le reste s'en déduit — la répartition des projets entre les équipes, la production, la livraison. Le secteur change, la chaîne ne change pas : c'est ce qui rend quarante clients comparables et une reco exécutable.
- 03Faire tenir quatre métiers sur quinze comptesDirection artistique, motion design, développement web, social media : quatre rythmes de production qui n'ont ni les mêmes délais, ni les mêmes points de validation, ni la même idée de ce qu'est « fini ». Et ce sont les mêmes personnes qui servent plusieurs comptes dans la même semaine. L'arbitrage ne se joue donc pas à l'intérieur d'un projet mais entre les clients : quel compte prend la semaine de développement, lequel attend, et qui le lui dit — plutôt que de le laisser découvrir un retard.
- 04Arrêter le projet à la mesure, pas à la livraisonUn site en ligne, une campagne diffusée, un emailing parti : ce n'est pas la fin du projet, c'est le moment où on peut enfin regarder. Le suivi des performances était rattaché au poste, avec la même exigence sur tous les comptes — une action doit pouvoir se relier à un objectif business, sinon elle n'a pas de raison de revenir dans la reco suivante.
- 05Refaire l'offre et la marque avant de partirLa partie la moins spectaculaire du poste, et celle qui a duré le plus longtemps : la structure, les process, l'équipe, et surtout l'offre. Les quatre ont bougé sur la période, sans fenêtre de calme pour le faire. Le point d'arrivée est visible : TX Consulting devient TX Studio, peau neuve et nouvelle stratégie, livrées avant mon départ. C'est là qu'on apprend à traiter l'agence comme un compte de plus — sans cadrage à elle, elle passe systématiquement après les clients qui paient.
04
Le résultat
15
personnes encadrées, quatre métiers
+40
clients accompagnés sur la période
3
zones d'intervention : France, Irlande, Afrique
Le périmètre couvrait la stratégie digitale du portefeuille, la supervision des opérations — sites, communication fil rouge, campagnes emailing, events et web events, refontes de plateformes de marque — le management de l'équipe et le suivi des performances.
05
Le détail
Ce qu’il y avait dans le portefeuille
Veepee, BoursoBank et Orpi sont les trois noms qui parlent le plus vite. Le portefeuille était surtout fait de structures plus petites, où l’agence tenait lieu d’équipe marketing complète : un courtier en assurances de Seine-et-Marne, une marque de bijoux, une société de gestion privée, un investisseur immobilier en train de se construire une audience. Cinq de ces comptes ont leur propre fiche dans l’archive du site — Minesio, Laurent Boutiller, Treeefle, Laparitaine et My Baby Chou.
Le seizième compte, c’était l’agence
Le rebranding de TX Consulting en TX Studio est le dernier projet de la mission : peau neuve, offre revue, nouvelle stratégie, livré avant mon départ. Le process annoncé dans cette présentation — audit, maquette, développement, mise en production — est celui qu’on venait de mettre au propre.
Même travail sur la marque employeur. La série « Meet the team », publiée entre janvier et février 2023, présentait l’équipe en vidéo, une personne à la fois, avec la charte graphique et le motion produits en interne. Montrer les visages plutôt que la liste des services : une agence de quinze personnes se juge d’abord sur les profils qu’elle arrive à réunir, et c’est la preuve la plus difficile à fabriquer.
Ce qui n’est pas écrit ici
Les livrables clients, eux, appartiennent aux marques, et les performances de l’époque n’ont pas été reconstituées compte par compte : celles qui figurent dans les cinq fiches d’archive ont été écrites à l’époque et sont affichées telles quelles, à revalider. Ce cas se raconte donc au niveau du périmètre et des décisions, pas au niveau du reporting.
Ce que j'en tire
J'y suis arrivé en pensant que le métier était la stratégie ; le métier était la traduction. Une reco qui ne tient pas compte de qui va la produire, avec quel temps et quel niveau, ne survit pas à sa deuxième semaine. Ce que je referais autrement : cadrer l'agence avant les comptes. Deux ans et demi durant, l'offre et les process ont été repris dans les interstices, entre deux livraisons, parce que le client passait toujours d'abord. Ça marche, et ça coûte nettement plus cher que de bloquer le temps dès le départ.
