C’est celui qui tourne depuis le plus longtemps sans moi, et le seul de la page qui parle à des inconnus. Il alimente Launch48 : le pitch, la marque et le lien de rendez-vous sont dans sa configuration, ce qui veut dire que l’agent et l’offre qu’il vend sont deux objets séparés.
Le problème
Chercher des clients pour une prestation de création de site est un travail de régularité, pas d’intelligence : les signaux existent, ils sont publics, et ils arrivent tous les jours. Personne ne les lit tous les jours.
La collecte
Une dizaine de sources publiques, chacune dans son fichier avec la même interface : créations d’entreprises au bulletin officiel, annuaire officiel des entreprises interrogé par commune et par code d’activité, presse économique francophone, dépôts de marques, offres d’emploi, alertes web, commerces sans site dans la base cartographique ouverte, et demandes explicites de création de site sur les forums. La couverture est volontairement large côté géographie (métropole, Antilles, Guyane, La Réunion, Belgique, Suisse) parce que le découpage administratif ne suit pas le découpage commercial.
Deux détails qui font la différence à l’usage. Les annuaires interrogés par commune remontent aussi les chaînes nationales : elles sont écartées sur le nombre d’établissements, sinon on prospecte le siège d’un groupe en croyant parler à un commerce. Et la rotation quotidienne sur un tiers des départements renouvelle le flux au lieu de remonter les mêmes leads chaque matin.
Le scoring
Le profil de cible vit dans un fichier de configuration : mots-clés d’intention, signaux forts, signaux indirects, pays, offre associée. Changer de type de prospect, c’est ajouter un profil et pointer dessus. Le scoring local, le prompt du modèle et les mails s’adaptent sans toucher au code. Le scoring passe par un modèle quand la clé est là, et retombe sur un barème local déterministe sinon : un agent qui s’arrête parce qu’une API est en panne n’est pas un agent.
Les garde-fous, c’est-à-dire l’essentiel
Un lead dont le domaine sert déjà un site est écarté avant d’être noté, avec un cache d’un mois : le signal « sans site web » des annuaires est faux une fois sur deux, et rien n’est plus mauvais qu’un premier mail qui commence par une erreur de fait. Le mode par défaut écrit les messages dans un dossier au lieu de les envoyer, sans faire avancer l’état des séquences : un brouillon n’est pas un envoi, et c’est le genre de confusion qui grille une base. Une réponse lue en IMAP, un rebond dur ou une plainte coupent la séquence automatiquement. Chaque message porte sa mention de désinscription et l’en-tête que les messageries attendent pour l’afficher. Les relances entamées passent avant les nouvelles introductions dans le plafond quotidien, parce qu’abandonner une conversation commencée est pire que ne pas l’avoir commencée.
Ce que j’en retiens
Dans ce genre d’outil, 80 % du travail est du garde-fou et 20 % de la fonctionnalité. Le tri, la déduplication, la liste de suppression, la vérification d’adresse, le plafond quotidien : c’est tout ce qui empêche un système de prospection de devenir un système de nuisance. La partie « trouver des entreprises » a pris deux jours ; la partie « ne pas se tromper » n’est jamais finie, et l’enrichissement par extraction web tourne encore deux fois par semaine avec un plafond de dix leads, en écartant tout ce qui remonte avec une confiance basse.
