Une application de voyage est le contraire d’un site : elle doit fonctionner là où il n’y a pas de réseau. Tout est donc pré-calculé avant le départ, et l’application ne fait aucun appel réseau au moment où on s’en sert.
La chaîne de préparation
Un seul fichier décrit le voyage (six jours, les logements, les arrêts, les annotations) et quatre scripts en dérivent le reste : géocodage des adresses et des bornes de recharge, calcul des tronçons réels avec durées et tracés, une photo sourcée par point avec son auteur et sa licence affichés, et la liste des tuiles de carte du corridor. Les coordonnées d’origine sont conservées à côté des corrigées, ce qui permet de voir ce que le géocodage a changé au lieu de le croire.
Le service worker pré-cache tout le build au premier chargement ; un bouton « préparer hors-ligne » télécharge en plus les tuiles du parcours, à faire au logement en wifi. Et il y a un export PDF, une page par jour : le plan B papier n’est pas une régression, c’est la seule chose qui marche quand le téléphone est à plat.
La recharge, ou comment j’ai eu tort
Le premier modèle supposait que la voiture dépendait d’un seul réseau de bornes et découpait le parcours en « zones blanches ». C’était faux : le véhicule a une prise standard et se branche directement sur les réseaux locaux. J’avais construit une contrainte imaginaire, et elle rendait deux journées angoissantes sur le papier.
Le modèle a été refait autour de trois notions plus honnêtes. La nécessité à deux scénarios : chaque borne est jugée selon qu’on a pu recharger chez l’hôte ou non, et les quatre interrupteurs « recharge chez l’hôte » recalculent tout, avec « inconnu » traité comme « indisponible », donc un plan viable sans aucune prise chez l’hôte. La fiabilité par borne, tirée d’avis réels : une borne peu fiable ne s’affiche jamais comme une option neutre, elle est barrée, avec la raison et un lien pour vérifier le jour même. Et le verdict de journée : distance contre autonomie au départ, avec une réserve d’arrivée de 15 %.
Ce que le terrain a corrigé
Un point de l’itinéraire d’origine était à douze kilomètres du vrai hameau. Le géocodage a rattrapé une erreur que j’aurais découverte en conduisant. Les durées réelles ont contredit mes estimations sur plusieurs journées, dont une de plus d’une heure et demie. Et les heures indicatives se recalent en cascade quand une étape glisse, avec une seule exception : les vrais rendez-vous, créneaux fixes et horaires d’ouverture, qui génèrent un conflit au lieu de se décaler silencieusement. C’est la différence entre un planning et une liste de vœux.

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