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FondateurDousinn · 2023 · Conception de l'édition, partenariats, communication · Paris

Faire descendre la fête dans la rue

Sortir un concept payant de son lieu pour le rendre gratuit et public, un 21 juin, dans une ville saturée de programmation concurrente.

Faire descendre la fête dans la rue, Dousinn

Le résultat

  • à confirmeraffluence sur l'après-midi du 21 juin
  • 0 €prix d'entrée, ni billet ni file d'attente

L'édition a été couverte par Outre-mer la 1ère, et la rue entière a suivi : plusieurs restaurateurs se sont associés au dispositif au lieu d'un seul. Le public est allé au-delà de la communauté ultramarine visée — des passants sans aucune attache avec les Outre-mer se sont arrêtés et sont restés.

Le contexte

Depuis 2019, l'association martiniquaise Dousinn installe La Sheesh Garden à Aubervilliers au printemps : des soirées en plein air où se croisent shatta, reggae, dancehall, zouk et kompa. Pour la Fête de la musique, j'ai voulu sortir l'événement de son format habituel et le faire descendre dans la rue, rue du Paradis, dans le 10e arrondissement de Paris. Pas de billet, pas de file d'attente : un trottoir, des enceintes, et une communauté qui se retrouve à l'air libre.

La contrainte

Le 21 juin est la seule date de l'année où toute une ville programme en même temps. La visibilité n'y coûte rien et ne sert à rien : tout le monde est visible. Et la décision de rendre l'événement gratuit supprime d'un coup le seul indicateur dont dispose habituellement un organisateur, la billetterie. Il fallait donc un format qui se comprenne depuis le trottoir, en trois secondes, sans qu'on ait rien à expliquer à personne.

Les mouvements

  1. 01Renoncer au billet pour changer ce que l'événement mesureLa gratuité n'était pas une contrainte budgétaire mais une décision : après une saison d'événementiel chargée, l'édition devait rendre quelque chose à la communauté. Conséquence directe sur le pilotage — un événement sans billetterie ne se juge plus sur une courbe de vente mais sur ce qui se passe sur le trottoir, ce qui déplace tout l'effort en amont, sur le lieu et sur le format.
  2. 02Monter le dispositif en échange de bons procédésUn restaurateur du quartier prête sa devanture, un prestataire prête le son, un collectif de DJs joue bénévolement, et j'apporte la communication et la marque. Personne n'achète rien à personne : chacun apporte ce qu'il a déjà et récupère de la fréquentation. C'est ce montage, et pas un budget, qui rend l'événement gratuit possible.
  3. 03Choisir la rue comme médiaLe 10e est le quartier où toutes les cultures se croisent, et c'est précisément pour ça qu'il a été choisi. Sur un après-midi de Fête de la musique, le son fait le travail d'acquisition tout seul : les gens passent d'une rue à l'autre, s'arrêtent, écoutent. C'est du street marketing à l'état brut, où le seul ciblage disponible est le flux piéton.
  4. 04Passer d'une devanture à une rue entièreCette édition change d'échelle : plusieurs restaurateurs de la rue s'associent et donnent naissance au Paradis Sound System and Food. Chaque enseigne tient son corner, sa sonorité et sa restauration, pendant que Dousinn tient la scène centrale. Le format devient reproductible parce qu'il n'est plus adossé à un seul commerçant.

Ce que j'en tire

[[À CONFIRMER, trois questions pour écrire ce bloc honnêtement : combien de personnes sur l'après-midi, même en ordre de grandeur ? Combien de restaurateurs se sont associés au Paradis Sound System and Food, et combien avaient dit non l'année d'avant ? Et surtout : est-ce que le format gratuit a rapporté quelque chose de mesurable aux éditions payantes de La Sheesh Garden qui ont suivi, ou est-ce que c'est resté un cadeau à la communauté sans retour ? C'est la seule question qui décide si l'opération se reproduit.]]

Pourquoi ce cas est ici

C’est le seul projet de cette page où j’ai retiré le prix, et donc l’instrument de mesure. Tout mon métier consiste d’habitude à faire baisser un coût d’acquisition et à avancer une courbe de vente ; ici il n’y avait ni panier ni billet, seulement un trottoir et une question simple — est-ce que les gens s’arrêtent.

Ce que ça apprend vaut au-delà de l’événementiel. Un dispositif monté en échange de bons procédés, sans budget d’achat média, oblige à ne compter que sur le lieu et sur le format. Quand le ciblage n’existe pas, il ne reste que la clarté de la proposition, et on découvre très vite si elle en avait.

L’édition a été couverte par Outre-mer la 1ère. Cette fiche n’est pas le résumé de l’article : elle est écrite de mon point de vue d’organisateur, et la couverture presse n’a servi qu’à vérifier des faits — la rue, le collectif de restaurateurs, la portée du public. Aucune citation, aucune photo de l’article ne sont reprises ici. L’affluence, elle, n’a jamais été mesurée : elle est marquée à confirmer plutôt qu’estimée.

La stack

  • Production événementielle
  • Partenariats commerçants
  • Street marketing
  • Réseaux sociaux

Problème résolu

  • Lancement
  • Notoriété

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Le projet