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FondateurCrazy Yoles Tour · 2016 →

Faire sortir une affaire de famille de WhatsApp

Une activité familiale d'excursions en catamaran, sortie de la gestion à la main par un changement de clientèle et un système de réservation écrit pour nous.

La baie vue du large pendant le Tour des yoles rondes, les voiles de la course au milieu de la flottille qui la suit.

Repères

ClientCrazy Yoles Tour
Période2016 →
RôleCofondateur
ÉquipeMon père, ma mère, mon frère et moi
MarchésMartinique, France, Canada
Problèmes résolusLancement, Acquisition

La stack

  • Identité visuelle
  • SEO
  • Partenariats de marque
  • Supabase
  • Vercel
  • Brevo

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Le contexte

Crazy Yoles Tour est une affaire de famille : mon père, ma mère, mon frère et moi. On affrète un catamaran pour suivre le Tour des yoles rondes, la course qui arrête la Martinique une semaine par an, et on vend les places à bord — acheminement jusqu'au port, repas du midi, son sur le pont, position au plus près de la course. Je tiens tout ce qui n'est pas la mer : le nom, la charte graphique, la communication, les partenariats, et le remplissage du bateau.

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La contrainte

Pendant des années, tout se gère à la main, sur WhatsApp, depuis nos numéros personnels, et le bateau se remplit exclusivement avec notre entourage. Ça marche — et ça plafonne exactement là où s'arrête le carnet d'adresses. Une semaine de course, un nombre de places fini, aucune vue d'ensemble sur ce qu'il reste à vendre : le jour où on veut vendre à des gens qu'on ne connaît pas, ni le canal ni la gestion ne suivent. La contrainte n'est pas le marché, elle est le nombre de conversations qu'on sait tenir en même temps.

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Les mouvements

  1. 01Traiter une sortie en bateau comme une marqueAvant de vendre une place, il fallait qu'il y ait quelque chose à vendre. Nom, charte graphique, ligne éditoriale, visuels de saison : la sortie cesse d'être « le bateau de la famille » pour devenir un produit identifiable, qu'on peut citer, partager et recommander sans avoir à expliquer qui on est. C'est la pièce qui rend tout le reste possible — un comité d'entreprise n'achète pas quarante places à un numéro de portable.
  2. 02Changer de client plutôt que de discoursLe vrai basculement du modèle économique n'est pas venu d'une campagne, il est venu d'un changement de clientèle : on est allés chercher les comités d'entreprise, en démarchage direct. La CTM, Brink's, Odyssi. Un CE réserve des dizaines de places d'un coup, il décide en amont de la saison, et il revient l'année suivante. Trois signatures remplissent ce que trois cents publications ne remplissaient pas.
  3. 03Emprunter la crédibilité qu'on n'a pas encoreEn parallèle, des partenariats d'image avec les rhums Clément et les rhums Saint James. Aucun budget média là-dedans : ce qu'on va chercher, c'est l'association. Une maison de rhum martiniquaise sur notre communication dit en une seconde ce qu'un argumentaire mettrait un paragraphe à établir — que c'est sérieux, que c'est d'ici, et que quelqu'un d'autre que nous le pense.
  4. 04Sortir la réservation de la messagerieUn site, et derrière, un système de réservation écrit de zéro plutôt que loué : les plateformes existantes prennent une commission par place et imposent une logique de créneaux qui est celle d'un musée, pas celle d'un bateau. Le visiteur envoie une demande depuis un widget, elle nous arrive par mail, on l'accepte ou non, et l'acceptation déclenche le récapitulatif et les informations de paiement. Ce que ça a vraiment changé n'est pas le tunnel, c'est la vue : le taux de remplissage par journée, les places qui manquent, les dates à pousser.
  5. 05Laisser le référencement faire l'acquisition qu'on ne payait pasLe site est arrivé sur un créneau que presque personne n'écrivait. Dès les premières semaines, une recherche du type « catamaran tour des yoles Martinique » nous plaçait en première page, sans un euro de média. C'est ce qui a fait entrer les premiers clients qui ne venaient pas de notre entourage : des groupes de l'Hexagone, des groupes canadiens. Le canal le moins cher de l'opération, et le seul qui travaille pendant qu'on dort.

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Le résultat

  • 40 %

    de conversion sur la plateforme

  • 100 %

    de remplissage

  • 1re

    page sur les requêtes de la saison, sans budget média

Le système tourne en production toute la saison : demandes, liste d'attente, encaissements, remplissage journée par journée. La gestion est passée de fils WhatsApp éparpillés sur quatre téléphones à un seul écran, et le carnet de commandes, de notre entourage à des comités d'entreprise et à des groupes venus de l'extérieur de l'île.

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En images

  • Le Tour des yoles rondes vu depuis la mer, la course que les sorties viennent suivre.
    Le Tour des yoles rondes vu depuis la mer, la course que les sorties viennent suivre.
  • Le catamaran au mouillage, pont plein. Une place vendue est une place opérable.
    Le catamaran au mouillage, pont plein. Une place vendue est une place opérable.
  • Le pont en sortie, sonorisé, sur une journée à guichet fermé.
    Le pont en sortie, sonorisé, sur une journée à guichet fermé.
  • L'acheminement des passagers en bus jusqu'au port, la partie de la prestation que le planning doit absorber.
    L'acheminement des passagers en bus jusqu'au port, la partie de la prestation que le planning doit absorber.
  • Le repas du midi servi à bord, inclus dans la place vendue.
    Le repas du midi servi à bord, inclus dans la place vendue.
  • Un groupe à bord pendant la course.
    Un groupe à bord pendant la course.

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Le détail

Ce qui se gérait sur WhatsApp

Une demande arrivait par message, sur le téléphone de l’un d’entre nous. La place était réservée dans une conversation, le paiement se confirmait dans une autre, et le décompte des places vivait dans la tête de celui qui avait répondu le plus souvent. Personne ne pouvait dire, un mardi soir, combien il restait de places sur la journée du jeudi sans remonter quatre fils de discussion.

Ce n’est pas une anecdote d’organisation, c’est la limite du modèle. Tant que la capacité de vente est indexée sur la disponibilité de quatre personnes à répondre, on ne vend qu’à ceux qui savent déjà à qui écrire — et le chiffre d’affaires plafonne au périmètre du carnet d’adresses.

Le déclencheur n’était pas le site

L’ordre compte, et il n’est pas celui qu’on raconte d’habitude. Le site et l’outil ne sont pas venus régler un problème d’acquisition : ils sont venus absorber une clientèle qu’on avait déjà changée. Les comités d’entreprise sont arrivés d’abord, en démarchage, et c’est le volume qu’ils ont apporté qui a rendu la gestion à la main intenable. Le référencement naturel, lui, est arrivé ensuite, en prime — et il a ouvert un troisième canal, les groupes extérieurs à l’île, que ni l’entourage ni le démarchage n’auraient touchés.

Le système, et où il est documenté

La plateforme s’appelle Resa System : widget de demande sur le site, alerte par mail, acceptation ou liste d’attente, récapitulatif automatique, suivi du montant annoncé contre le montant reçu, remplissage par journée. Elle n’encaisse pas, et c’est un choix assumé : sur une sortie en mer, ce sont la météo, l’équipage et la composition du groupe qui décident si une place est opérable, et encaisser avant de le savoir transforme chaque intempérie en remboursement.

Le détail technique — le modèle de données, les cas tordus qui ont pris le plus de temps, et la clé de service qui n’aurait jamais dû se trouver dans le HTML — est dans la fiche du labo. Le formulaire public vit sur crazyyolestour.fr.

Pourquoi ce cas compte plus que les autres

C’est le seul projet où j’ai fait les deux moitiés du métier sur le même objet : écrire le produit et le remplir. La plupart des marketeurs héritent d’un outil qu’ils subissent et dont ils ne peuvent pas corriger les angles morts. La plupart des gens qui construisent l’outil n’ont jamais eu à en vendre les places.

Faire les deux change la façon de travailler : quand le taux de remplissage d’un créneau est une requête et pas un export, la décision d’aller pousser une date se prend en connaissance de cause. C’est exactement la thèse que ce site défend — faire grandir une marque et construire la machine qui tourne derrière — sauf qu’ici les deux tiennent dans un seul projet, et dans une seule famille.

Ce que j'en tire

Pendant des années, on a cru que le problème était commercial. Il était opérationnel : ce qui limitait le remplissage, ce n'était pas le nombre de gens à qui on parlait, c'était le nombre de conversations qu'on savait tenir en même temps. Ce que je referais autrement : écrire le système de réservation au moment où on bascule sur les comités d'entreprise, pas plusieurs saisons après. Le changement de clientèle est précisément l'endroit où la gestion à la main commence à coûter des places, et on a payé ce décalage en soirées à recompter des noms au lieu d'aller en chercher.