C’est le projet le plus abouti de cette page, et le seul que d’autres personnes utilisent tous les jours à côté de moi. Il a été écrit une première fois pour une solution d’envoi, puis porté sur une seconde : le cœur ne sait rien de l’outil d’envoi, seul un client d’API le sait. C’est ce découplage qui a rendu le portage possible en quelques jours au lieu de quelques semaines.
Le principe
Un mail n’est pas un texte, c’est un gabarit HTML contraint par une charte. À partir d’une source. Un prompt, l’URL d’une page produit, un article de blog, une recherche sur le web, l’outil compose un mail entier et crée directement la campagne sur la liste voulue, à la date voulue.
La qualité ne vient pas du modèle mais de la base de connaissances qu’on lui donne : charte graphique, voix de marque, fiches produits, bibliothèque d’images déjà hébergées et donc utilisables dans un mail. C’est là qu’est le travail, et c’est ce qui explique pourquoi un même prompt donne un résultat utilisable ici et une bouillie ailleurs. Le rendu passe par un jeu de blocs typés (héros, prix, listes à puces, boutons, galeries) et non par du HTML libre : un mail doit survivre à une douzaine de clients de messagerie qui datent tous d’une époque différente.
Ce qui a demandé le plus de travail
La traduction. Traduire un mail, ce n’est pas traduire un texte : il faut extraire les chaînes traduisibles d’un arbre HTML sans toucher au balisage, ignorer ce qui ne doit jamais bouger. Un code promotionnel, une unité, un paramètre de suivi, découper en lots, envoyer en parallèle avec une limite de concurrence, recoller, puis normaliser les entités HTML que le modèle a inévitablement réécrites. Et localiser les liens au passage, sinon un mail allemand renvoie vers une page française. C’est la partie du code la plus longue et la moins spectaculaire.
Les automatisations. Au-delà du mail à l’unité, l’outil porte des chaînes qui tournent seules : ramasser les articles publiés dans la semaine et en faire une newsletter, ou partir d’une thématique, chercher les nouveautés du secteur et composer le mail correspondant. Chacune a son suivi, parce qu’une automatisation d’envoi sans journal est une machine à envoyer deux fois.
Les séquences. Le format le plus utile n’est pas le mail isolé mais la séquence, plusieurs dizaines de messages qui se tiennent, avec une progression et sans se répéter. L’outil sait en produire une entière depuis un cadrage, ce qui change la nature du travail : on relit et on arbitre au lieu d’écrire.
Ce que j’en retiens
Le gain de temps réel n’est pas dans la rédaction. Il est dans la suppression de l’aller-retour entre l’idée, l’intégration HTML et le paramétrage de campagne : trois métiers différents, et c’est le changement de contexte entre les trois qui coûtait la journée. Depuis, le levier mail n’est plus un goulot d’étranglement, et c’est la seule mesure qui compte pour moi.
